Une croix ressuscitée

En 1095, la 29ème décision du Concile de Clermont stipule que « les croix dressées le long des chemins comportent le droit d’asile comme les églises » et la clause suivante précise que « quiconque s’est réfugié auprès d’une de ces croix doit être livré à la justice, mais à condition d’avoir la vie et les membres saufs. » Voilà pourquoi, petit à petit, les croix de carrefour qui étaient initialement des indicatrices de direction sont devenues l’objet de vénération et de processions rituelles. C’est dans cet esprit de paix, de rencontre et de foi que Denys Blanc, un tourserain de longue date, a voulu remplacer la vieille Croix de La Piat que les intempéries et les années avaient fini par mettre à terre. Le maître forgeron a voulu que cette croix en fer forgé résume l’histoire spirituelle du village. Il a donc enluminé son ouvrage avec le symbole représentant chacune des trois chapelles et de l’église du village de Tours. La cérémonie de bénédiction en ce dimanche radieux du 29 juillet fut célébrée par le Père Benjamin Ilboudo, venu du Burkina pour suppléer nos prêtres pendant les vacances. Cette présence était déjà en soi une bénédiction, puisque les Croix des chemins sont avant tout des signes de rencontre et de bienvenue. Un apéritif de la solidarité fut offert ensuite, pour confirmer l'esprit d'entreprise et d'accueil que représente cette croix, dressée sur la route du village.

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