La chapelle Saint Clément à Tours

La  Chapelle porte le même nom que le Grand Ruisseau, ou Ruisseau de Saint Clément. L’édifice actuel date de 1677, mais il y a tout lieu de penser qu’un oratoire l’a précédé sur ce socle rocheux pour conjurer les caprices et les dégâts du cours d’eau sujet aux débordements, aux glissements de terrain et aux avalanches de neige descendues des pentes de la Grande Journée.

 

 Saint Clément est le quatrième évêque de Rome. Il est le patron des mariniers pour avoir été martyrisé sous l'empereur Trajan vers 99, précipité au fond de la mer une ancre de marine accrochée au cou. A Tours, il est représenté dans le vitrail nord du chœur de l’église, avec un paysage de ruisseau et de cascades. Son vocable apaisant a été vraisemblablement  choisi par antiphrase, pour juguler ce ruisseau trop impétueux et  dévastateur.

 

 La Chapelle est adossée au rocher des Bêches pour être justement protégée des avalanches et coulées de boue.  Elle est orientée vers l’est, comme la plupart des édifices religieux de la chrétienté : à Tours, l’église et la chapelle Saint Joseph ont la même orientation. Son architecture fruste et  dépouillée a été calquée sur celle de cette Chapelle Saint Joseph/Saint Antoine des Martinettes, plus ancienne que Saint Clément.

 

 L’autel actuel a été restauré en 2000, ainsi que le retable en gradins qui le surmonte. Un ostensoir a été peint au centre du retable pour rappeler  l’insistance sur le Saint Sacrement dans la culture baroque du dix- septième siècle, fondée sur la contre-réforme catholique.

 

 Une messe a été célébrée devant cette chapelle  pour le Jubilé de l’an 2000. Aujourd’hui, une prière publique y a lieu chaque année à la date du 23 novembre, jour de la Saint Clément.

 

 Aucune statue ancienne de Saint Clément n’est plus vénérée dans cet édifice qui représente toutefois un lieu emblématique de la tradition tourseraine ; tant d’amoureux sont venus ici graver leur nom, et c’est un but de promenade que les forces de la nature  rendent propres à la méditation : le grondement et la puissance du Grand Ruisseau, la verticalité de la roche, la hauteur et la longueur de la digue à parcourir, l’écrasement de la montagne, et l’impossibilité d’aller au-delà de la chapelle font aujourd’hui de cette promenade  un véritable pèlerinage à la Nature.

 

  L’oiseau marin qui décore aujourd’hui la chapelle peut être considéré comme un hommage à Saint Clément, patron des sources, des ruisseaux et des mers, en souvenir de son martyre au premier siècle.