La Chapelle Sainte Apollonie

Voilà une chapelle qui rassemble autour de son clocher tout le Grand-Village, comme une bergère ses brebis.

 

La chapelle sainte Apollonie a été fondée par donation le 29 décembre 1773, et homologuée par l’archevêque de Tarentaise en 1774. En plus du culte à Sainte Apolline -  ou Apollonie – qui est invoquée contre les maux de dents,  elle servait de tocsin pour signaler les incendies au Grand Village.

 

 Construite sur  l’initiative d’un notable, Philippe Bozon-Sauge, elle est dédiée principalement à Sainte Apollonie (ou Apolline), diaconesse qui vécut à Alexandrie au troisième siècle, et mourut en martyr : ses bourreaux s’amusèrent  à lui arracher les dents. Voilà pourquoi elle est représentée avec une paire de tenailles dans la main. Les palmes du martyr dorées à la feuille décorent le panneau central de l’autel néo-baroque de 1830.

 

  Mais cette chapelle est aussi vouée à Saint Jacques et Saint Philippe, deux des douze apôtres du Christ. Jacques aurait fondé l’Eglise d’Espagne, en prêchant l’Evangile à Cadix, et Philippe aurait annoncé la Bonne nouvelle en Asie Mineure : tous deux sont généralement évoqués avec un livre à la main qui signale leur prédication de la parole. Deux statuettes en bois polychrome les représentent sur le retable de la chapelle.

 

  En 1837, après un incendie qui l’endommage, la toiture du bâtiment est refaite, avec le clocher impressionnant qu’on lui voit aujourd’hui. Ce clocher sert de tocsin pour annoncer les incendies, afin que chaque habitant réagisse pour aller porter secours à la maison qui est la proie des flammes.

 

 Le retable actuel, de style néo-baroque,  avec colonnes torses et contre-courbes date de 1830. Les contrastes du bleu ciel et l’or se disputent l’honneur de glorifier le Saint sacrement. Sur une console latérale, une statue représente Sainte Apolline, avec dans sa main gauche une tenaille enserrant une dent, et dans la main droite, la palme du martyre.

 

  Deux vitraux ronds du XIXème siècle aux couleurs lumineuses et gaies éclairent l’abside et les dorures du retable. Cinq rosaces en trompe-l’œil décorent la voûte. Les ferrures qui protègent la chapelle des vandales et des voleurs ont été installées aux trois ouvertures en 1995, aux frais d’une habitante de Tours. Elles sont forgées sur le modèle du chrisme des premiers chrétiens.

 

Une statue de la Vierge en bois polychrome qui décore l’autel a la particularité de n’être pas voilée, ce qui est très rare dans les représentations de Marie.

 

  La fête de Sainte Apollonie, le 9 février, était autrefois la date de la kermesse du Grand-Village. Une messe était ce jour-là célébrée le matin à la Chapelle, avant que les participants ne s’amusent et dansent au son de la musique . La fanfare municipale  prenait part au divertissement. Cette coutume s’est éteinte après la dernière guerre.

 

  La Chapelle, restaurée extérieurement par la municipalité en 1999, continue d’être la « boussole » du Grand Village : c’est le repère géographique idéal pour indiquer à un visiteur comment trouver sa direction. Une messe annuelle y est aujourd’hui célébrée, en été, suivie d’une petite collation champêtre, ainsi que  plusieurs baptêmes chaque été, car cette chapelle est l’objet d’une attention particulière par les Tourserains.